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Cyrano

janvier 7, 2006


Cyrano de Bergerac. Dussais-je choisir de me réincarner en un héros de roman, ce serait lui.
Cyrano le magnifique dont on ne saurais dire si son arme la plus dangereuse est l’épée ou l’esprit.
Cyrano le romantique, qui laisse à Christian les baiser de Roxanne pour la jouissance de pouvoir toucher par ses mots celle qu’il n’ose convoiter.
Cyrano le géant de paille, que cent hommes ne sauraient faire tomber mais qu’un simple sourire sait désarmer.

J’espère que par le petit passage que je vais citer je vous donnerai envie de lire ce chef d’oeuvre en vers. Le livre étant exceptionnellement bon, il m’a été difficile de choisir un passage. J’ai cependant sélectionner la dernière réplique de Cyrano qui cristallise les traits du personnages.

CYRANO
est secoué d'un grand frisson et se lève
brusquement.


Pas là! non! pas dans ce fauteuil!

On

veut s'élancer vers lui.

Ne me soutenez pas!
Personne!

Il va s'adosser à l'arbre.

Rien que l'arbre!

Silence.

Elle vient. Je me sens
déjà botté de marbre,
Ganté de plomb!

Il se raidit.

Oh! mais!... puisqu'elle est en chemin,
Je l'attendrai debout,

Il tire

l'épée.

et l'épée à la main!

LE BRET

Cyrano!

ROXANE,défaillante.

Cyrano!

Tous reculent
épouvantés.

CYRANO

Je crois qu'elle regarde...
Qu'elle ose regarder mon nez, cette Camarde!

Il lève
son épée.

Que dites-vous?... C'est inutile?... Je le sais!
Mais on ne se bat pas dans l'espoir du succès!
Non! non!, c'est bien plus beau lorsque c'est inutile!
Qu'est-ce que c'est que tous ceux-là! Vous êtes mille?
Ah! je vous reconnais, tous mes vieux ennemis!
Le Mensonge?

Il frappe de son épée le
vide.

Tiens, tiens! -Ha! ha! les Compromis,
Les Préjugés, les Lâchetés!...

Il
frappe.

Que je pactise?
Jamais, jamais! -Ah! te voilà, toi la Sottise!
Je sais bien qu'à la fin vous me mettrez à bas;
N'importe : je me bats!je me bats!je me bats!

Il fait des
moulinets immenses et s'arrête haletant.

Oui, vous m'arrachez tout, le laurier et la rose!
Arrachez! Il y a malgré vous quelque chose
Que j'emporte; et ce soir, quand j'entrerai chez Dieu
Mon salut balaiera largement le seuil bleu,
Quelque chose que sans un pli, sans une tache,
J'emporte malgré vous,

Il s'élance

l'épée haute.


et c'est...

L'épée
s'échappe de ses mains, il chancelle, tombe
dans les bras de Le Bret et de Ragueneau.

ROXANE, se penchant sur lui et lui baisant le

front.



C'est?...



CYRANO,
rouvre les yeux, la reconnaît et dit en

souriant.



Mon panache.
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2 commentaires leave one →
  1. Poncho permalink
    janvier 8, 2006 8:40

    ça rejoint un peu la ligne de conduite selon laquelle il faut toujours agir avec un air digne même qu’on est mal-assuré.
    c’est beau le panache et la dignité.
    décidément, tes posts reçoivent de piètres commentaires de ma part mais -et je puis t’en assurer- m’intéressent au plus haut point et me remuent (enfin, la plupart) les boyaux de la tête

  2. Jeanfou permalink
    janvier 8, 2006 11:42

    Je te remercie pour tes commentaires, c’est encourageant.
    Pour ce qui est de la dignité et du panache… je pense que ça peut être quelque chose de joli et une façon de mettre du romanesque dans le quotidien… Le problème c’est que dignité et panache cotoient trop souvent l’orgueil…Qui est probablement un des vices qui tirent notre société vers les abîmes.

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