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Le bonheur

janvier 19, 2006

A la question fondamentale, et malgré tout trop souvent omise, « quel est le but de votre vie? » beaucoup de gens répondent « être heureux »…

Première réflexion : Qui ne souhaite pas être heureux ? On m’a fait remarquer a ce sujet que le bonheur était la seule chose qui n’était pas instrumentale (destinée à obtenir quelque chose d’autre). Autrement dit, le mec de la fac de droit (gros clin d’œil) qui claironne ‘le but de ma vie c’est de devenir riche »…Si on le force à pousser le raisonnement plus loin, ce qui n’est pas nécessairement le point fort des individus de son engeance, (re-gros clin d’œil)…Ce jeune « bien-comme-il-faut » nous répondra sur un ton d’évidence « Ben, pour être heureux »… Le bonheur est donc LE but, l’objet de notre quête.

Cette habile transition me permet de rebondir et de passer à une deuxième réflexion. Si le bonheur est le but ultime, comment l’atteindre ? La richesse et la santé ?
Je me permets alors de vous sortir quelques études de derrière les fagots… Chwalisz (1988) et Allman(1989) ont montré que dans une fac américaine parmi les étudiants jouissant de toutes leurs facultés 50% s’estimaient heureux, 22% malheureux et 29% d’humeur neutre… et que l’on obtenait les mêmes résultats pour les étudiants souffrant de handicap. Une autre étude menée par Brickman (1978) s’est intéressée a l’autre facette du problème en évaluant le bonheur de personnes ayant gagnée de grosses sommes à la loterie nationale. Il observe qu’a long terme leur « niveau global de bonheur » reste inchangé… Globalement les études montrent que l’argent n’affecte pas le bonheur ressenti par les gens…

Si on croise ce résultat avec la constatation suivante

1968

1993

Il est très important d’être très à l’aise financièrement

43%

75%

Il est très important de développer une philosophie cohérente de l’existence

82%

45%

(Provient d’une étude menée sur 200 000 étudiants rentrant à l’université (Astin, 1993). Les chiffres sont un peu approximatif parce que je les tires d’un graphiques donc il peut y avoir un point de décalage).

L’argent n’apporte donc pas le bonheur…mais l’argent est de plus en plus important pour la plupart. Je souligne en plus que ces résultats sont tirés d’une étude portant sur les personnes rentrant à l’université…Il y a donc un biais assez important parce qu’il devrait, je pense, y avoir plus de personne qui essaye de « développer une philosophie cohérente de l’existence » dans ces filières…

Qui a dit que le XXIème siècle serait spirituel ou ne serait pas ? Elève Malraux sortez !

Pour conclure sur une note positive, le bonheur est quelque chose de relatif…Un grand malheur nous apportera donc paradoxalement un tout aussi grand bonheur…Le jeu est a somme presque nulle. NOTRE QUETE EST VAINE. Je poursuivrai sur ce thème dans un prochain post… car il reste à dire et à lire beaucoup de chose…

Vanitas Still Life, 1603
Jacques de Gheyn the Elder

Le mot de la fin

If there’s one thing you can say about mankind… there’s nothing kind about man – Tom Waits

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5 commentaires leave one →
  1. drama permalink
    janvier 20, 2006 9:48

    Intéressant ton post.

    Beaucoup de gens dont moi pensent quand ils ont un coup de blues qu’ils seraient plus heureux avec du fric.

    Mais bon ce qu’on peut acheter fournit généralement un bonheur bien éphémère … Et on se retrouve ensuite à vouloir plus.

    Alors qu’il serait tellement plus logique de chercher d’autres points d’intérêts non matériaux qui sont capables de combler sur du long terme …

  2. ceRf permalink
    janvier 20, 2006 9:36

    Je m’inscris en faux contre ce sondage. D’abord parce qu’il compare une année de révolte étudiante à l’année de l’arrivée au pouvoir d’Edouard Balladur. Ensuite parce qu’il néglige force paramètres (origines sociales notamment) qui ne me paraissent pas anecdotiques dans la définition du bonheur. Faut-il immédiatement corréler l’envie d’être très à l’aise financièrement avec un renoncement à toute forme de spiritualité ? Peut-être, mais gardons nous de porter des jugements hâtifs, les contextes sont trop différents.

  3. ColorMeBloodRed permalink
    janvier 22, 2006 2:09

    oui je pense que cerf a raison jean fou, l’étudiant qui en 68 dit qu’il préfère l’argent à une philosophie cohérente de l’existence se fait lyncher par tous ses potes, et même si c’est vrai que c’était leur but, et je l’approuve entièrement ^^, je pense qu’on n’a pas le même niveau de confort et la même possibilité d’y accéder qu’autrefois.
    Curieusement je pensais toutefois qu’il y avait un phénomène inverse, que les gens des années 60 auraient admis franchement que l’argent fait le bonheur, pouvoir acheter le poste de télé qui était à l’époque le fruit d’un dur labeur, alors que je vois bien les gens qui nous entourent claironner que l’argent ne fait pas le bonheur, et c’est normal vu que le confort et la modernité technologique ne coute presque plus rien (le lecteur dvd à 40 euros par exemple, très rentable puisque 2 ans de garantie autorisent aucune perte financière éventuelle négligeable pour la plupart des gens) et ensuite admettre rechercher un bonheur spirituel, ce qui serait logique vu la facilité matérielle que nous avons maintenant, et vu la grande mode des aspirations spirituelles et ésotériques, mode qui dérive peut-être de la volonté de l’homme d’avoir toujours plus, d’être insatisfait. En gros je pensais qu’après avoir été blasédes choses faciles à obtenir de nos jours, l’homme chercherait des plaisirs ou des satisfactions encore plus inaccessibles ou rares : l’homme ne serait plus jaloux de la télé du voisin, mais du bon équilibre du yin de la voisine ?!?
    Sans vouloir m’éterniser, mais je sais que t’aimes ça, je pense aussi, de façon toute simple, qu’il y a deux types de quête du bonheur.Tout d’abord je pense que l’argent est un instrument qui peut aider au bonheur, mais je crois que le bonheur passe avant tout par la satisfaction personnelle, par occuper ses journées ou ses nuits, à faire quelque chose d’intéressant, qui nous passionne, qui sert à la société, ou qui en tout cas nous permet d’en recevoir quelques piécettes.Si en plus ça plait tant mieux.Bon tu vas me dire ya des gens qui sont heureux de plaire tout simplement, mais je t’expose la une conception saine du bonheur.
    Et je crois qu’une personne, dans la mesure où on n’inclus pas les aléas de la vie ni le décès de sa gamine dans tout ça, est heureuse quand elle peut vivre de sa passion et subvenir à ses besoins en occupant ses journées à faire ce qu’il aime, c’est la plus belle des réalisations.Et ces gens là sont heureux vérotablement, parce qu’ils se sont surement donnés d’aller au bout de ce qu’ils aiment. Après je pense que la plupart des gens ont une vision trop inaccessible du bonheur, ou alors ont été trop lobotomisé par la télé, ou sont simplement trop cons pour ne pas rechercher une passion personnelle, quelque chose qui les rende heureux à longueur de journée, et se mettent alors à tenter de combler ce besoin de satisfaction permanente ou durable par des plaisirs éphémères, ils sont frustrés de ne pas avoir tout fait pour être acteur de cinéma, et donc achète le dvd qui les fait tripper, le mettent sur leur lecteur qui coute que dalle, et se prennent pour leonardo tout en se disant à 40 ans un jour je serai à hollywood. La drogue c’est pareil, et c’est la toute la différence entre le bonheur et le plaisir.Le plaisir c’est un manque que tu cherche à combler, le bonheur tu ne le sens pas il est pas matériel, il est là parce que t’as tout fait, t’as bonne conscience. En gros je crois que le plaisir c’est les petites choses de la vie, les amis,c’est tout ce que le monde peut t’apporter, et le bonheur c’est ce que toi t’apportes au monde, ouce que toi tu t’apportes, ta conscience, ta santé, ta satisfaction.
    Bon c’est un peu décousu et on peut jouer sur les mots, surement les inverser, mais j’ai cette image là de ces deux mots.
    Sur ce jean fou excuse moi du roman et j’espère que tu me contrediras afin d’alimenter le débat. bizbiz ma poule

  4. Poncho permalink
    janvier 22, 2006 2:45

    au risque de répéter une idée déjà soulevée ici ou ailleurs: pourquoi diférencier les deux moyens d’accès au bonheur? l’un ne procèderait-il pas de l’autre? une philosophie cohérente de la vie doit se construire, être réfléchie, conceptualisée. mais cette somme de réflexions et la qualité du résultat dépend de son auteur. et celui-ci est tributaire de la conjoncture nationale, des aléas de la vie, de son origine, d’une infinité de paramètres tous plus imprévisibles les uns que les autres. or l’argent n’est-il pas un moyen de s’en libérer? de se prémunir de la majorité des coups de pute de la vie? la richesse comme moyen d’ête libre n’est pas un non-sens c’est même parfaitement logique: être riche pour ne plus avoir à compter et pour se prévenir de bon nombre de risque et d’inconvénients de notre vie bassement terrestre. et c’est l’esprit libre que l’on peut avoir les coudées franches et ainsi s’épanouir dans le domaine que l’on, souhaite, dans quelque disposition que ce soit et ainsi aboutir au bonheur. opinion à débattre. je concluerai par une info sur moi: tout ce que publie jeanfou à mon encontre est faux: je suis hors de tout soupçon (si on écarte les 25 chefs d’accusation du TPI qui me collent au cul depuis bon nombre d’années)

  5. Jeanfou permalink
    janvier 22, 2006 6:39

    > Color me Blood Red…plusieurs réactions:
    – Je partage ton double point de vue sur les années 68 et je pense que les deux sont liés. La fin des années 60 ont vu exploser la société de consommation, tout le monde ou de plus en plus de personnes peuvent posséder des biens matériels qui n’étaient jusqu’alors réservés aux élites…Je pense que ca peut expliquer le trip je me détache du matériel, puisque tout abus entraine une réaction dans le sens opposé…Pas d’explosion de la consommation, pas de premiers hippies… (j’essaye de faire un peu court mais que ce soit quand meme clair…les colonnes pour les commentaires sont trop etroites mais je ne pense pas réussir a les élargir…)
    Pour ce qui est de l’époque actuelle, je pense qu’on peut associer le retour du matérialisme a une perte de grande valeurs unificatrice, les gens ont besoin de consommer pour montrer qui ils sont, pour exister d’une certaine façon. Avant il y avait la religion, la Connaissance, le bloque de l’est et celui de l’ouest, quelques grands hommes…et là on est un peu dans la dêche…les gens en sont amené à idolatrer des sportifs (« …Du pain et des jeux… »).
    … ça me soûl ce format je vais faire un forum et je reviens

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