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Le Sursis – Sartre

mai 21, 2007

« L’avion s’était posé. Daladier sortit péniblement de la carlingue et mit le pied sur l’échelle ; il était blême. Il y eut une clameur énorme et les gens se mirent à courir, crevant le cordon de police, emportant les barrières… Ils criaient « Vive la France ! Vive l’Angleterre ! Vive la Paix ! », ils portaient des drapeaux et des bouquets. Daladier s’était arrêté sur le premier échelon : il les regardait avec stupeur. Il se tourna vers Léger et dit entre ses dents : – Les cons ! »

Ce deuxième tome de la trilogie des Chemins de la Liberté est l’occasion pour notre cher Jean-Paul de nous montrer que la Liberté est au cœur de ses interrogations. Parle t’il du choix, du rapport à l’autre ou de l’identité ( » On me voit donc je suis (…) Celui qui me voit… me fait être ; je suis comme il me voit  » ) , ces thèmes se transforment en autant d’outils pour interroger notre Liberté.

Là où « L’âge de Raison », premier tome de la trilogie, interrogeait la Liberté de l’individu dans le cercle restreint de ses relations, « le Sursis » transpose cette question à l’homme comme membre d’une nation, comme agent de l’histoire. Sartre nous interroge, que reste t’il de la Liberté quand des évènements majeurent s’attachent à dissoudre nos individualités, à les fondre en un moule commun. La prise des Sudète par les allemands et la mobilisation qui s’en suit confronte les hommes à leur liberté laissé entière malgré la contingence, c’est l’occasion pour l’existentialiste de montrer que la contrainte, loin de priver l’homme de sa liberté, ne fait que l’émuler.
Sartre met en scène dans de nombreuses histoires parallèles un panel de héros ordinaires qui balaye les classes sociales. Nous suivons les pérégrinations du paysan Gros Louis que la mobilisation a forcé à quitter ses chères Montagnes, nous retrouvons Mathieu le prof de philo de « l’âge de raison » et ses interrogations, nous découvrons Philippe fils de général qui se plait à s’enivrer de pacifisme … Tant de destins que tout éloigne et qui se voient unis par la contingence de l’Histoire.

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