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Edito dont je suis content

mai 23, 2007

Cet édito pourrait être titré « De la prétention des paroles absconses ». Oui, je souhaite que les fourbes se démasquent et cessent d’abuser les foules, que les auditeurs arrêtent de feindre la compréhension lorsqu’ils sont confrontés à une prose sibylline qui n’est séparée du vide abyssal que par l’infinitude de l’orgueil.
Mes sens d’araignée me font prévoir les réactions de certains lecteurs que j’ai sans doute taquinés à l’instant en utilisant le vilain mot « orgueil ». Ceux-là même qui s’extasient devant une œuvre d’avant-garde dans un musée d’art contemporain avant qu’on ne leur révèle qu’il ne s’agit que d’une conduite d’aération, ceux-là s’exclameront sans doute : « Il est beaucoup plus intéressant de projeter son expérience dans les paroles du trouvère et de les interpréter à l’aune de son vécu ». J’en conviens, l’une des vertus de l’art est de permettre à tout un chacun de développer sa propre vision de l’univers symbolique développé par un artiste… La frontière de la supercherie est malheureusement très ténue et cette démarcation trop souvent transgressée d’un pas gaillard par des groupes armés de textes au signifié aussi profond que la mer d’Aral ou que les discours du roi Heenok, c’est selon.

Cette situation m’évoque un conte d’Andersen dans lequel un roi engage deux tisserands pour lui réaliser la plus belle des étoffes, tissu qui a la particularité de n’être visible que par les personnes intelligentes et qui remplissent convenablement leurs fonctions. Les deux hommes se mettent donc au travail pour réaliser ce magnifique habit du monarque. Ils exigent à cette occasion force fil d’or et pierreries afin de confectionner ce fameux habit.
Différents dignitaires viennent voir l’avancée des travaux et se rendent compte de leur incapacité à voir l’étoffe mais connaissant les caractéristiques particulières du tissu ceux-ci vantent le travail des tisserands auprès de leur entourage… Tous viennent donc la peur au ventre observer le travail des deux compères et louent à leur tour la beauté du résultat. La mascarade se poursuit ainsi jusqu’au jour fatidique où le roi met cet habit pour traverser la ville. La réputation du tissu a évidemment circulé dans toute la ville et nul n’ose déroger à l’admiration béate pour ce tissu si luxueux. C’est alors qu’un enfant, l’innocence incarnée, s’écrie « le roi est nu ! ». Tout le monde comprend alors un peu tard et le roi finit sa parade en feignant de ne s’être aperçu de rien sous les rires de son peuple.

Lecteur, n’attendons pas l’enfant, rassemblons nous et crions haut et fort : « Le roi est nu ! »

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