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Le Bon Homme

août 30, 2007

Hier j’écoutais Michel Onfray qui parlait de Godwin un des pères de l’utilitarisme et de l’anarchisme, accessoirement papa de la dame qui a écrit Frankenstein. Le gars est trés drôle et l’on pourrait sans doute sourire un peu à ses dépends mais pour faire court je vais vous donner qu’un exemple.
Mr Godwin prone l’utilitarisme, c’est à dire que pour lui c’est l’utilité des actes en terme de bien être collectif qui prime. Grosso modo t’as le droit de tuer Hitler. Là où c’est plus drôle c’est quand Onfray raconte que le gars emprunte de l’argent, qu’il ne le rend pas et qu’impudent il répond que c’est normal. « Ben oui, moi Godwin je suis un philosophe qui fait avancer la société vers un monde meilleur, il vaut mieux que je te prenne de l’argent que je perde du temps à le gagner. Toi t’es commerçant, l’argent dans tes mains il est moins utile au bien être commun. T’es quand même égoïste tu devrais être content de me filer de la thune, c’est une contribution à un monde meilleur ». Amusant mais ce n’est pas tout. Godwin avait l’air de penser qu’on pouvait faire de l’Homme un être bienveillant et inintéressé grâce à « l’illumination de l’entendement »…C’est pas gagné.

Je repensais à ça ce matin alors que je cherchais à savoir ce qu’était la roue d’Ixion. Je suis tombé sur une liste des supplices que subissent les criminels mythologiques…Ca respire la bienveillance.


Tityus, fils de la Terre, dont le corps étendu couvrait neuf arpents, avait eu l’insolence de vouloir attenter à l’honneur de Latone, un jour qu’elle traversait les délicieuses campagnes de Panope, en Phocide, pour se rendre à Pytho ou Delphes. Il fut tué par Apollon et par Diane, à coups de flèches, et précipité dans le Tartare : là un insatiable vautour, attaché à sa poitrine, lui dévore le foie et les entrailles qu’il déchire sans cesse, et qui renaissent éternellement pour son supplice.

Tantale, fils de Jupiter et de la nymphe Plota, et roi de Lydie, enleva Ganymède, pour se venger de Tros qui ne l’avait pas invité à la première solennité qu’on fit à Troie. Les anciens ne sont pas plus d’accord sur la nature de son crime que sur celle de son châtiment. Les uns l’accusent d’avoir fait servir aux dieux les membres de son propre fils. D’autres lui reprochent d’avoir révélé les secrets des dieux dont il était le grand-prêtre, c’est-à-dire d’avoir découvert les mystères de leur culte. Selon Pindare, il mérita son supplice parce que, ayant été admis à la table des dieux, il déroba le nectar et l’ambroisie pour en faire part aux mortels ; ou enfin, selon Lucien, parce qu’il avait volé un chien que Jupiter lui avait confié pour garder son temple dans l’île de Crète, et avait répondu au dieu qu’il ignorait ce que l’animal était devenu.
Quant au supplice qu’il endure aux Enfers, Homère, Ovide et Virgile le représentent consumé d’une soif brûlante, au milieu d’un cours d’eau frais et limpide qui sans cesse se dérobe à ses lèvres desséchées, et dévoré par la faim, sous des arbres dont un vent jaloux élève bien haut les fruits chaque fois que sa main tente de les cueillir.

Une autre tradition représente ce criminel au-dessous d’un rocher dont la chute menace à chaque instant sa tête ; mais ce supplice était plutôt, dit-on, celui de Phlégyas, grand-père d’Esculape.

Sisyphe, fils d’Éole et petit-fils d’Hellen, était le frère de ce Salmonée qui, ayant conquis toute l’Élide, fut foudroyé et précipité dans le Tartare par Jupiter, parce que, voulant se faire passer pour un dieu, il imitait le bruit du tonnerre en poussant un chariot sur un pont d’airain, et en lançant sur quelques malheureux des torches allumées. Il régna à Corinthe, après que Médée se fut retirée. On dit qu’il avait enchaîné la Mort, et qu’il la retint jusqu’à ce que Mars la délivra, à la prière de Pluton, dont l’empire était désert. Homère explique comment Sisyphe avait lié la Mort : c’est parce qu’il évitait la guerre et travaillait même à maintenir la paix entre ses voisins. C’était aussi, dit Homère, le plus sage et le plus prudent des mortels.

Cependant les poètes unanimement le mettent dans les Enfers, et prétendent qu’il est condamné à rouler incessamment une grosse roche jusqu’au haut d’une montagne ; parvenue au sommet, la roche descend aussitôt par son propre poids, et il est obligé sur-le-champ de la remonter par un travail qui ne lui donne aucun relâche.

Comment a-t-il mérité ce supplice ? On allègue plusieurs raisons. Il aurait, comme Tantale, révélé les secrets des dieux. Jupiter ayant enlevé Égine, fille du fleuve Asopus, celui-ci s’adressa à Sisyphe pour savoir ce qu’était devenue sa fille ; Sisyphe, qui avait connaissance de l’enlèvement, promit à Asopus de l’en instruire, à condition qu’il donnerait de l’eau à la citadelle de Corinthe. Sisyphe, à ce prix, révéla son secret et en fut puni dans les Enfers. Selon d’autres, ce fut pour avoir détourné de ses devoirs Tyro, sa nièce, fille de Salmonée. D’autres enfin, sans avoir égard au portrait avantageux qu’Homère fait de Sisyphe, ont dit qu’il exerçait toutes sortes de brigandages dans l’Attique, et qu’il faisait mourir tous les étrangers qui tombaient entre ses mains ; que Thésée, roi d’Athènes, lui fit la guerre, le tua dans un combat, et qu’il est puni pour tous les crimes qu’il commit sur la terre. Ce rocher qu’on lui fait rouler sans cesse peut bien être l’emblème d’un prince ambitieux qui roula longtemps dans sa tête des desseins sans exécution.

Ixion, fils d’Antion, roi des Lapithes, en Thessalie, épousa Clia, fille de Déionée, et refusa les présents qu’il lui avait promis pour épouser sa fille, ce qui obligea Déionée à lui enlever ses chevaux. Ixion, dissimulant son ressentiment, attira chez lui son beau-père, et le fit tomber dans une fosse ardente où il perdit la vie. Ce crime fit horreur ; Ixion ne trouva personne qui voulût l’expier, et fut obligé de fuir tous les regards. Abandonné de tout le monde, il eut recours à Jupiter qui eut pitié de ses remords, le reçut dans le ciel, et l’admit à la table des dieux. Ébloui des charmes de Junon, l’ingrat Ixion eut l’insolence de lui déclarer son amour. Offensée de sa témérité, la sévère déesse alla se plaindre à Jupiter qui forma d’une nuée un fantôme semblable à son épouse. Ixion tomba dans le piège, et cette union imaginaire donna le jour aux Centaures, monstres demi-hommes, demi-chevaux.

Jupiter, le regardant comme un fou dont le nectar avait troublé la raison, se contenta de le bannir ; mais, voyant qu’il se vantait de l’avoir déshonoré, il le précipita d’un coup de foudre dans le Tartare, où Mercure, par son ordre, alla l’attacher par les quatre membres à une roue environnée de serpents et qui tourne sans s’arrêter jamais

Source

Si je ne pense pas que l’homme est intimement bienveillant ni qu’il puisse le devenir grâce à l’entendement je crois que ce genre de joyeuses descriptions peut lui permettre de se tenir à carreau…

Que l’on restitue l’Enfer.

2 commentaires leave one →
  1. 1/0 permalink
    septembre 3, 2007 9:21

    michel onfray, grand professeur a l université de caen. il a écrit un livre qui est intéressant: c’ est l’ anti-manuel de la philosophie. a regarder, plein de pensées interessantes

  2. Jeanfou permalink
    septembre 3, 2007 8:38

    Voui! J’ai acheté le tome 1 il y a une semaine🙂

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