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Prends la réalité dans ta face

mars 3, 2008
Certaines personnes de mon entourage me taxent de cynique lorsque je prétends que plus le monde se complexifie, plus la démocratie ressemble à une grosse blague… L’idée n’est évidemment pas de moi, des gens biens le disent depuis Platon pour qui la démocratie n’est pas la panacée jusqu’à Churchill et son « la démocratie est le pire des régimes à l’exception de tous les autres ».

Les think tank permettent, selon moi et d’après ce que j’ai compris, de pallier en partie à certains vices de la démocratie. Cette matière grise de l’ombre peut appréhender la complexité sans avoir trop à se soucier de questions d’étiquettes et de séduction de l’opinion publique…Du moins dans un premier temps.

Evidemment tout experts qu’ils sont les membres d’un Think Tank se doivent de faire adopter leur projet par des personnes qui sont probablement moins expertes et plus sujettes à la sanction de l’opinion publique…Il semble donc tout naturel qu’à la question « Peut on optimiser les conditions de passages d’une idée dans un débat public? » la réponse soit : »KISS : Keep It Stupid and Simple […] pour les think tankers expérimentés présents lors du carrefour, le message doit être simple, clair, lisible et non contradictoire ». Ce passage extrait des actes de l’AVRIST me conduit à penser que je suis sans doute plus réaliste que cynique.

J’envoie donc un « Na! » rageur à mes chers amis qui me taxent de cynique (d’autant plus que ce mot est souvent galvaudé comme le souligne Onfray dans son bouquin consacré à la chose)

5 commentaires leave one →
  1. Dridy permalink
    mars 3, 2008 6:48

    Je crois que tu confonds « débat » politique et politique stricto sensu.
    Si la seule façon de s’intéresser à la « politique » était d’écouter le discours formaté des élus nous ne serions effectivement pas, et ce en raison des problèmes que tu soulignes très justement, dans une démocratie. Oui le système pluraliste veut, pour des raisons évidentes, que les candidats ou dirigeants simplifient au maximum leur discours et prennent des positions claires pour se démarquer des autres afin que le citoyen moyen puisse faire son choix. La situation du citoyen en France actuellement est à peu près comparable à celle d’un consommateur dans un marché oligopolistique qui n’a qu’à choisir entre Nike et Addidas en conciliant au mieux les convictions qu’il croit être les siennes avec le discours publicitaire qui lui est tenu.
    Je crois pas que tu sois cynique je crois surtout que tu trompes. Les politiques s’adaptent à leur auditoire. Si notre système permettait réellement d’instruire les gens en la matière, le débat politique serait certainement tout autre.
    Après vas te faire foutre avec ton idéal de dictature éclairée. Le principe d’une démocratie, c’est qu’elle est imparfaite et qu’il faut tirer conséquences de ses erreurs pour avancer. On dispose d’un système institutionnel stable depuis pas longtemps et qui est né en réaction aux excès du passé pour finalement tomber dans d’autres travers.
    D’ailleurs, si je ne crois pas qu’une sixième République soit nécessaire, il serait très souhaitable de réformer en profondeur cette République bananière.

  2. Dridy permalink
    mars 3, 2008 6:59

    http://www.causeur.fr/s%e2%80%99ennuyer-a-la-folie

    Bon j’avais posté un long message en te disant que tu avais tort qui a buggé et je suis tombé sur ton lien et le mec explique exactement ce que je voulais te dire donc je me la ferme.

  3. Jeanfou permalink
    mars 3, 2008 9:58

    je suppose que c’est à ce passage de l’article que tu fais référence :

    « L’ennui n’affecte pas seulement la façon dont nous consommons le divertissement. IL affecte notre façon de consommer tout et n’importe quoi. Plus significativement encore, peut-être, il affecte le mécanisme qui pourrait changer les choses – la politique. Dès lors qu’elle a quelque chose à voir avec la rationalité des décisions, la démocratie suppose la connaissance. Or, notre culture du zapping tient pour ennuyeuse les connaissances politiquement significatives. Pour prendre des décisions politiques rationnelles, il faut connaître des choses qui ne sont ni amusantes ni émouvantes. Il faut écouter de longs exposés théoriques et pratiques et en tirer des conclusions. Dans le passé, des assemblées populaires pouvaient écouter et discuter de très longs débats. Les gens “simples” lisaient souvent les pamphlets politiques assez compliqués. Ce n’est plus le cas. C’est trop ennuyeux.

    Les nouveaux politiciens sont bien conscients de ces phénomènes. L’ennui est bon pour la mauvaise politique. Le public veut du nouveau toutes les 5 à 6 minutes. En coulisses, les choses sérieuses continuent. La poignée de gens qui contrôlent le marché, soupèsent, évaluent, débattent et décident. Devant les caméras, les politiciens font le show. Cette schizophrénie politique peut sembler très pratique, dès lors qu’elle dégage les décideurs de toute responsabilité. Tout ce dont ils ont besoin, c’est une batterie de slogans et un répertoire d’émouvantes anecdotes personnelles. Si, par-dessus le marché, ils portent beau (et de nos jours, c’est souvent le cas), tout va bien. Le spectacle doit continuer. Et le spectacle continue.

    Un bon spectacle fait rarement une bonne politique. Le média n’est plus le tambour de ville ; il éduque, conditionne, façonne notre monde mental et répond aux attentes qu’il a lui-même créées. Or, tout en participant activement au jeu, il prétend obstinément être un simple observateur. Il récuse toute tentative pour le réguler comme une menace contre la liberté d’expression. Seulement, une société dans laquelle les discours sont creux et les citoyens ignorants n’est pas vraiment démocratique. La démocratie exige un certain respect pour les choses “ennuyeuses” – il faut s’intéresser aux processus et accepter de ne pas se ruer trop vite sur le mot de la fin. Elle demande que l’on repense sérieusement les conséquences du commerce du temps de cerveau disponible. Méfiez-vous de l’ennui. Il peut vous rendre fou. »

    Deux réactions :
    1 C’est pas demain la veille que les gens quitteront cette culture du zapping…
    2 Etant donné le niveau de complexité qu’atteint le monde aujourd’hui je ne pense pas, même avec la meilleure volonté du monde, que l’on soit compétent pour comprendre tout les tenants et les aboutissants : du procès sur les hormones de croissances, du réchauffement planétaire, du débat croissance vs décroissance et de la situation géopolitique mondiale…

  4. Jeanfou permalink
    mars 3, 2008 10:00

    En une phrase déliCHOC,
    « il n’y a aucune raison pour que la majorité ait raison »

  5. Anonymous permalink
    mars 11, 2008 5:14

    Il n’y a surtout aucune raison, et on est bien dans la merde, pour que qui que ce soit puisse définir ce qu’est avoir raison, du coup on est contraint à tatonner, et le seul système où on peut se le permettre, c’est la démocratie.

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