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Homo Œconomicus en Tchétchénie

mars 5, 2008

Pour ceux qui ne connaîtraient pas cette grosse blague (de moins en moins drôle parce qu’elle commence à durer), l’homo œconomicus est le nom que l’on donne à une conception de l’être humain selon laquelle vous et moi, nous sommes des êtres rationnels. Alors oui c’est pratique quand on veut modéliser un comportement mais bon modéliser quelque chose qui est souvent faux ça a ses limites ! Pourquoi je vous raconte tout ça ?

C’est le témoignage d’un soldat russe glané sur Cafébabel qui m’a fait penser aux limites de l’approche homo œconomicus. Jugez plutôt :

Une armée inhumaine

L’armée russe enrôle Arkady et l’envoie se battre après six mois d’entrainement. S’ensuivent plusieurs mois d’enfer, pendant lesquels le futur avocat est quotidiennement battu par les officiers, comme le sont aussi ses camarades. Il doit lutter contre la faim, le froid, la folie, les attaques ennemies et la torture physique infligée dans son propre camp.

A la première guerre de Tchétchénie, en 1998, Arkady rentre pour continuer ses études. Mais l’année suivante, il se porte volontaire pour retourner se battre lors du second conflit. Pourquoi décide-t-il d’y retourner ? Sa réponse brise le silence après quelques instants : « Je n’étais jamais vraiment revenu. Mon corps était là mais mes pensées et mon bien-être étaient retenus en Tchétchénie. C’était comme de la folie. En plus, le monde dans lequel j’étais revenu ne m’a pas accepté, et je ne l’ai pas supporté. La deuxième fois, je me suis senti libéré : c’est comme si j’avais dû y retourner pour compléter une partie de ma vie.»

Au deuxième retour, pour se « purifier » entièrement, Arkady ressent le besoin irrépressible de coucher sur le papier tout ce qu’il a vécu dans une armée inhumaine lors de cette guerre sale. Plusieurs nouvelles sont alors publiées dans différents journaux. Aujourd’hui, elles sont regroupées dans un livre, avec le titre One Soldier’s War in Chechnya. « Le processus de l’écriture était très cathartique. Je ne pouvais pas porter tout cela. Mes lecteurs sont mes psychothérapeutes. Quand vous lisez ce que j’écris, vous vous sentez mal et je me sens mieux ! », analyse Arkady avec beaucoup d’humour.

Cette volonté de retourner en enfer n’est évidemment pas du tout rationnelle mais ce n’est pas pour autant qu’on ne peut pas l’expliquer et la comprendre…Par contre la prévoir, la modéliser, la fixer en formule paraît un brin plus compliqué.

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3 commentaires leave one →
  1. TheAbyss permalink
    mars 11, 2008 4:58

    Franchement je pense qu’on peut la modéliser, la coucher sous forme de formule peut-être, une formule assez vaste et qui ne prendrait pas trop en compte certains aléas (comme le mec qui a mathématisé l’équation d’un embouteillage, sans prendre en compte la mamie myope qui cale, ou le routier bourré). Ce qui paraît dur à rationaliser, c’est plutôt l’anticipation de cette réaction, et surtout, ce qui empêche de la mathématiser, c’est plutôt de savoir quel individu va agir de la sorte. Un peu comme la différence entre la loi, qui s’applique à tout le monde, et sous une formule générale et codifiée, et la justice, qui doit prendre en compte tous les différentes critères de l’individu et constitue à chaque fois une « version » différente de l’application de la loi. C’est le libre arbitre en fait le seul grain de sable dans les rouages de la rationalisation des réactions humaines…

  2. Jeanfou permalink
    mars 11, 2008 10:53

    The question is « Le libre arbitre existe t’il? »

  3. Anonymous permalink
    mars 20, 2008 6:58

    Bah le libre arbitre des autres, le notre, ou le hasard quoi. Soit tu subis et t’es envoyé à la guerre, soit tu es volontaire, soit ça tombe sur toi par hasard. Soit ça « devait » bien se passer suivant une belle équation militaire, et au dernier moment il y a un orage qui noie la moitié du régiment et du coup tu es mobilisé alors que tu devait etre réserviste…tout un tas de conjonctures, de hasards, de coïncidences, qui ne dépendent plus de prévisions, mais aussi du libre arbitre des autres et de la nature. Le libre arbitre en fait ce serait une monarchie solitaire, une dictature d’un seul homme sur Terre, puisque rien ne s’oppose à ses choix, sauf les fores naturelles. Après, à partir du moment où on est 6 milliards, sans compter les aléas naturels, économiques etc…Même dans un ridicule hameau, ton libre arbitre (tiens je vais acheter un éclair au chocolat) peut être vite étouffé par la gentille boulangerie (on a plus que café et vanille). Je dirais que le seul libre arbitre qui existe c’est les décisions que tu prend pour toi-même, sans influence sur les autres et de leur part (je vais faire un jogging). Et après, il peut grêler, ou tu peux te faire faucher par un camion.

    Voilà. Débat de merde.

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