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Mémoire numérique, mémoire qu’on fabrique?*

juillet 20, 2009

Connaissez-vous le Kindle, le lecteur de livre électronique made in Amazon ? Bien que l’essentiel soit maintenant dit (« lecteur de livre électronique ») la déesse page wikipédia ne manquera pas d’étancher votre curiosité.

Ces nouveaux dispositifs offrent de séduisantes perspectives, notamment si l’on est amené à utiliser des livres pour son travail. Qui n’a jamais pesté contre un livre idiot qui ne disposait pas de la fonction Ctrl+F ?

Une anecdote récente tempère mon enthousiasme. Une fois stockés sur votre zinzin les livres demeurent accessibles. La preuve Amazon a effacé à distance des ouvrages qui, bien qu’achetés par les lecteurs, s’avéraient être des copies illicites.  Ironie, on trouvait parmi ces ouvrages certains livres d’Orwell dont le fameux 1984.

Deux réactions :

Récréaction 1 : Si l’information numérisée se déplace plus rapidement, elle est également plus malléable. Modifier une tablette en marbre, un parchemin ou tous les exemplaires d’un bouquin nécessite bien des efforts mais quid d’un Ctrl+H généralisé ?

Avion à Réaction 2 : Les petits coquins de chez Amazon sont très prompts à stocker des données et à les mobiliser pour mieux vous cibler, pardon vous conseiller. Je ne connais pas précisément le fonctionnement du zinzin, ni les clauses du contrat qui sous-tendent son utilisation mais je ne voudrais pas qu’on puisse me faire chanter en me mettant sous le nez la preuve que j’ai lu Monsieur Ibrahim et les Fleurs du Coran
*Pardon pour ce titre un brin racoleur mais il faut bien se faire plaisir de temps en temps

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3 commentaires leave one →
  1. M.S. permalink
    juillet 20, 2009 11:03

    Alors (1) je suis pour les titres pompeux, à un moment donné, je crois qu’ « à vaincre sans péril on triomphe sans gloire », alors « à blogger sans ambages on communique comme un vulgaire xylophage ».

    (2) Ma vision (trop froide) de la stratégie d’une entreprise telle qu’Amazon me fait penser qu’une telle innovation n’a d’autre motivation que de minimiser des coûts (de stockage, puisque c’est leur grand truc, mais de fabrication aussi), dans le sens d’une intégration verticale (plus besoin des entreprises qui « fabriquent » les livres) ; en d’autres termes, l’innovation n’a jamais eu d’autre objet que de faire convoiter le produit au consommateur pour mieux réaliser du profit, et pas de lui « rendre service ».

    (3) Ma vision (trop angélique) de la possibilité d’une exploitation à grande échelle de données personnelles à des fins de contrôle politique ne me fait pas craindre trop de dérives. Encore une fois, j’ai bien plus peur des puces et autres nanotechnologies que des bases de données.

    (4) Il y a des choses intéressantes dans le champ de « l’économie du livre », mais je me demande si c’est pas toi qui m’en a parlé en fait. On peut quand même se poser deux questions : (a) le livre est-il devenu un produit de luxe ? (pas au sens de bien de Giffen, mais de rapport du consommateur lambda à l’objet) et (b) est-il possible de se passer de l’écrit ? (ce qui est effrayant à cet égard, c’est par exemple l’évolution du droit qui ne préconise plus l’existence d’un support tangible pour le mécanisme de preuve).

    (5) OMAR SHARIF !

  2. Jeanfou permalink*
    juillet 20, 2009 12:41

    (2) & (3) Mon texte sonne un peu théorie du complot et je pense que les finalités d’Amazon sont celles que tu décris. Pour autant, les dispositifs génèrent les dispositions et un nouveau signe d’une concentration importante de pouvoir m’interpelle toujours. Ce qui ne m’empêche pas d’être tour à tour effrayé et fasciné par le potentiel des nanotechnologies.

    (4a) Au même titre que le support audio ?
    (4b) La question vaut la peine d’être posée mon cher ami!

  3. M.S. permalink
    juillet 20, 2009 6:59

    (4a) Hum, c’est difficile à dire pour moi, parce que je ne fais pas du tout le même usage des supports écrits et audio ; mais cet usage est justement assez peu représentatif je pense (l’audio n’étant pas destiné à être autre chose qu’un bibelot, puisque je n’écoute que des mp3, alors que j’ai une passion pour l’objet livre). Au niveau de l’utilisation de l’écrit à des fins universitaires en revanche, pour avoir l’expérience de travailler alternativement sur des supports pdf ou réels, je pense qu’il y a substituabilité parfaite à cela près que le livre permet de ne pas être collé et à l’écran et que le pdf permet le ctrl+f.
    Ce qui me gêne d’ailleurs dans cette option de ctrl+f, c’est qu’il s’agit peut être un peu de la fin de la lecture exhaustive des choses, au profit d’un utilitarisme du savoir disponible, et aux dépens de la constitution d’une « culture » qui ne peut s’acquérir que par l’épuisement d’un ouvrage dans son ensemble (ou encore d’une sysématisation technologiquement assistée de la lecture en diagonale).

    (4b) Certes, mais je ne suis absolument pas de taille pour réfléchir de façon pertinente sur le sujet, j’ignore trop de choses à ce propos !

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